Paul Bannwart

Paul Bannwart (soutenance de thèse 31 mars)

Effet de l’agencement spatio-temporel de systèmes de culture agroécologiques sur les prédateurs généralistes

Résumé:

Mobiliser le contrôle biologique des bioagresseurs nécessite de comprendre le fonctionnement des communautés d’ennemis naturels au sein d’espaces agricoles hétérogènes et dynamiques. Les connaissances actuelles sur ces fonctionnements demeurent pourtant partielles, même pour des groupes de prédateurs abondants comme les carabes et les araignées. Dans cette thèse, nous avons démontré, à partir d’une méta-analyse, que les parcelles cultivées sont des lieux d’hivernation aussi important que les habitats semi-naturels pour les carabes, mais sont plus délétères pour les araignées. Toutefois, une expérimentation au champ a permis de déterminer que les parcelles conduites sans pesticides et avec travail du sol minimal ont un rôle de refuge hivernal plus important pour les carabes que des bandes fleuries, bien que comparable pour les araignées. De plus,  les parcelles sans pesticides et avec travail du sol minimal ont démontré un rôle d’habitat source de prédateurs actif, qui se redistribuaient notamment dans les parcelles adjacentes avec travail du sol conventionnel. En analysant les état du milieu des parcelles, il ressort que parmi les araignées se redistribuant, celles chassant au sol semblent préférer les parcelles avec peu désherbage mécanique et présentant des résidus en surface. En complément, un outil de modélisation a été développé et a démontré que l’augmentation de la proportion de parcelles avec travail du sol minimal était le facteur clef pour favoriser favorisant la croissance du carabe Pterostichus melanarius. Ce travail de thèse a permis de démontrer la complémentarité entre habitats semi-naturels et parcelles cultivées,  notamment lorsque leur gestion est extensive, dans le cycle de vie des carabes et araignées. Ce travail ouvre ainsi des pistes dans la gestion des éléments cultivés et non-cultivés pour diminuer la pression en bioagresseurs.

Jury:

Annie Ouin, Professeur des universités, ENSAT, Toulouse – Rapporteure et Examinatrice

Adrien Rusch, Directeur de recherche, INRAE, Bordeaux  – Rapporteur et Examinateur

Aurélie Ferrer, Enseignante-Chercheuse, ISARA, Lyon – Examinatrice

Philippe Jeanneret, Senior Scientist, Agroscope, Zurich – Examinateur 

Sandrine Petit  UMR Agroécologie, Dijon et Antoine Gardarin  UMR Agronomie, Palaiseau - directeur.trice de thèse