Michael Mccallum

Michael Mccallum

Alternatives au glyphosate en grandes cultures », le 27 mai à 13h30 dans la salle de conférence de l’INRAE de Dijon

Résumé:

Les herbicides à base de glyphosate sont largement utilisés dans l'agriculture moderne. Leur efficacité à large spectre en tant qu'herbicides systémiques non sélectifs, combinée à l'expiration de leur brevet en 2000, en a fait un outil très rentable dans divers contextes agronomiques. Cependant, leur utilisation intensive a suscité un examen environnemental et réglementaire croissant. Depuis leur intégration dans les systèmes de culture modernes, les agriculteurs ont souvent exprimé des réticences à accepter des restrictions d'usage. Cela reflète un débat continu où les partisans soulignent le rôle du glyphosate dans la facilitation des pratiques de conservation, tandis que les détracteurs mettent en avant les risques toxicologiques et écologiques potentiels. Plutôt que de chercher à trancher ce débat, cette thèse fournit des preuves empiriques sur les trajectoires menant à différents niveaux d'utilisation du glyphosate, en analysant les systèmes de grandes cultures et de polyculture-élevage commerciaux du réseau DEPHY sur une période de onze ans.

Un cadre d'analyse multiphase combinant statistiques descriptives, modélisation de régression, apprentissage automatique (machine learning) et inférence causale a été appliqué pour examiner l'utilisation du glyphosate à travers trois dimensions complémentaires : les schémas de mobilisation, les archétypes de systèmes de culture associés à des trajectoires d'utilisation contrastées, et les implications économiques. Le labour est apparu comme le facteur le plus évident associé à une réduction de la probabilité d'utilisation du glyphosate. Plus largement, le glyphosate semble moins fonctionner comme une nécessité agronomique que comme un tampon opérationnel utilisé pour rationaliser les flux de travail, offrir une flexibilité temporelle et atténuer le risque d'un désherbage insuffisant. La diversification des cultures peut réduire l'intensité de l'utilisation des herbicides à base de glyphosate, mais n'élimine pas nécessairement la dépendance à leur égard. À contextes de production comparables, aucune différence détectable n'a été observée entre les utilisateurs et les non-utilisateurs d'herbicides à base de glyphosate concernant le produit brut, la marge brute, les coûts opérationnels ou de mécanisation, ou la charge de travail totale. En identifiant les leviers structurels associés à l'utilisation du glyphosate, cette recherche souligne l'importance de la conception de nouveaux systèmes de culture, du conseil agricole et des cadres politiques pour permettre des transitions viables vers des systèmes agricoles plus durables.

 Jury:

  • Pr. Guillemin, Jean-Philippe – Président
  • Pr. Médiène, Safia – Rapporteuse
  • Dr. Thiollet-Scholtus, Marie – Rapporteuse
  • Dr. Lamichhane, Jay-Ram – Examinateur
  • Pr. Peigné, Joséphine – Examinatrice
  • Dr. Chauvel, Bruno – Examinateur